POST-APOCALYPTIC DESIGN

PostApocalypse

How to design when everything ends?

Destruction of humanity is announced by many science fiction writings. We ventured in a previous article the possibility of an alien attack. In the scenarios’ major part, man is overwhelmed by his own inventions and his annihilation is due to his creations such as robots.

Bioprophets want to see a limitless science and human immortality. This possible dream is breathtakingly quick and provokes anxiety. Facing the alarmist hypothesis of the world’s collapse reflects human’s fear towards his weaknesses and his mortal status.

We have so strongly wanted to push out all humanity from science and  ourselves that we transformed it into inhumanity. Even medicine excludes the body and substitutes it with artificial imaging and robotic surgery. Science analyzes, counts but never individualizes. Man excludes himself from his analytical system and brings about people’s misunderstanding and animosity.

But this fear comes more from the techniques’ used than from the techniques themselves. In « La science est-elle inhumaine? Essai sur la libre nécessité» (Is science inhumane, essay on free necessity) the French philosopher Henri Atlan explains that is it not about techniques but knowledge. And this is how our cohabitation with all these inventions can last and not be destructive.

Furthermore ethical problems are linked not to the techniques but to our social point of view and its evolution (or social Darwinism). We can use techniques as far as we do not loose the respect we owe to all individuals of this world.

We can not forsake the symbolism of things. This value is lead by designers who at their humble scale assure of the understanding of science and its dreams. They are also the safeguards who avoid drifting and human disrespect.

Nombre d’écrits de science fiction annoncent la destruction de l’humanité. Nous avons abordé la possibilité d’un attaque extraterreste. Mais dans la majorité des scenari, l’homme se retrouve dépassé par ses propres inventions et son anéantissement est causé par ses créations tels que les robots.

Les bioprophétiques traitent d’une certaine immortalité humaine face à une science toujours sans limites. Le rêve du possible donne le vertige et même angoisse face à l’hypothèse alarmiste de la destruction du monde qui est le reflet de la peur de l’homme face à sa propre faiblesse et à son statut mortel.

Nous avons tant voulu repousser l’humain hors de la science et hors de nous-même que nous l’avons rendu inhumaine. Même la médecine exclu le corps en le substituant à des imageries artificielles et des opérations robotisées. La science analyse, chiffre mais n’individualise jamais. L’homme s’exclut de son système analytique et provoque l’incompréhension et l’animosité de la majorité de sa population.

Mais cette peur vient d’avantage de l’utilisation que l’on fait des techniques que des techniques elles-mêmes. Dans « La science est-elle inhumaine? Essai sur la libre nécessité», le philosophe Henri Atlan, explique qu’il ne s’agit pas tant de la technique mais de notre connaissance. Et c’est bien là que réside la clé d’une cohabitation durable et non destructrice avec toutes ces nouvelles inventions.

De même, le problème éthique est lié non pas à la technique mais au changement de point de vue social et à son évolution (ou darwinisme social). Nous pouvons utiliser les techniques dans la mesure où l’on ne perd pas de vue le respect que nous devons à chaque individu de ce monde.

Il ne faut pas mettre de côté la valeur symbolique des choses, valeur véhiculée par les designers qui, à leur échelle, sont des garants de la compréhension de la science, de la traduction des rêves et les gardes-fous des dérives qui ne respecteraient pas l’humain.

 Let’s talk about the case of an apocalypse that is not the fault of the human race, such as an attack from Space or an asteroid. In March 2013, three meteorites brush passed Earth. They could have destroyed an entire city. What would happen if many meteorites or juste a bigger one crashed on our planet? Earth would be devastated, its residents would run away from cities where criminality would increase, society would be suspended or destroyed, goods and food production would be stopped, economy would collapse as well as computer networks.

This context has given place to resourcefulness. The designer could still find his place in this new landscape and bring his knowledge to the good of the people. He would participate in improving living conditions and a possible society reconstruction. What would his practice be based on? To draw a pretty shell around an object now seems useless. We are aware of his inability to save the world but how could he use his skills at their best?

This context requires special ingenious capacities and a close collaboration and exchange with others. It needs adaptation to each situation, person and place. The Post-Apocalyptic designer is more centered on humans than on objects. He could organize production and manufacturing systems. When the economy’s pressure disappears, his narcissism and materialism do too. When the designer’s practicing driving forces are destroyed, the only thing that remains is what should define his design work for now: the ability to love and to help improve other’s daily life.

Abordons à présent le cas d’une apocalypse qui ne dépendrait pas de l’homme comme une attaque venue de l’espace ou une collision d’astéroïde. En mars 2013, trois météorites ont frôlés la Terre. Elles auraient pu détruire une ville entière. Que se passerait-il dans le cas de multiples collisions ou d’une météorite encore plus importante? La Terre serait dévastée, les habitants fuiraient les villes, la société serait suspendue voir détruite, la production d’objets et la production alimentaire s’arrêteraient, l’économie s’écroulerait ainsi que les réseaux informatiques.

Dans ce contexte le système D est à l’honneur, le designer peut encore trouver sa place dans ce nouveau paysage en apportant ses connaissances au service de la population. Participant ainsi à une amélioration des conditions de vie ou à une possible reconstruction. En quoi consisterait sa pratique? Dessiner une jolie coque autour d’un objet semble tout d’un coup bien inutile. Nous avons conscience qu’il ne sauvera pas le monde mais comment peut-il user au mieux de ses compétences?

Ce contexte demande des capacités d’ingéniosité particulières et demande une étroite collaboration,des échanges et un lien direct avec d’autres personnes. Il requiert également de s’adapter à chaque situation, chaque individu, chaque contexte. Le designer post-apocalyptique est davantage centré sur l’humain que sur l’objet. Il pourrait organiser des systèmes de production ou de fabrication. Avec la disparition de la pression économique disparait son narcissisme et son matérialisme. Lorsque l’on détruit les moteurs alimentant le métier de designer, nous nous retrouvons face à ce qui devrait constituer dés à présent les fondements de toute pratique du design: l’amour et la volonté d’améliorer le quotidien de son prochain.

The apocalyptic situation could be similar to some already known catastrophes like earthquakes, storms, nuclear disasters, volcanic eruptions or tsunamis. We would observe alike shortages like food, water, health care and a loss of comtemporary ways of communication or transportation. These situations are still not managed well enough, even in our society. It is certain that in the middle of a panic movement  a designer could not bring better solutions. This is the reason for which anticipation is essential.

If we take into account all these parameters, we can see that we would find ourselves in complete destitution just like  Earth’s present poorest populations.

To all who consider that these disasters only happen to others and that these emergency situations seems so far from them, I advise to look up at the sky and watch closely because an asteroid could quickly appear and we never know if we could would need such assistance someday. Far be it from me to overstress my readers but I only want them to become aware of the possibility that some research that do not seem to have priority for them can become so more quickly than they think.

And to all who would not be hidden in their bunkers and who believe in society and its possible improvement, I announce: to work on humanitarian projects and existing emergencies is twice as useful because they concern impoverished people but also ourselves in case of a cataclysm. Design’s issues for the century to come will lie on its ability to create objects that respond to real needs, to think in depth about every project, to measure their impact and to formulate them within a collaborative, respectful and generous process.

La situation apocalyptique pourraient être la même que lors de catastrophes déjà survenues (tremblements de terre, cyclones, explosions nucléaires, éruptions volcaniques, tsunami). L’on observerai des pénuries semblables comme la destruction de réseaux de distribution énergétiques, le manque de nourriture, d’eau potable, de soins et la perte de moyens de transport et de communications modernes. Ces situations sont encore relativement mal gérées. Et ce n’est sans doute pas au beau milieu d’un mouvement de panique générale qu’un designer pourra être en mesure d’apporter la meilleure solution qui soit. L’anticipation est primordiale.

Si l’on prend en compte tous ces paramètres, nous observons que l’on se retrouverait dans une situation de dénuement total, au même niveau que les populations les plus démunies de notre planète.

À ceux à qui il semble que ces catastrophes touchent toujours d’autres qu’eux et que ces situations d’urgence sont si loin, je leur conseille de bien scruter le ciel, car nous ne savons jamais, nous aurons peut-être besoin d’assistance similaire un jour. Loin de moi l’idée de stresser mes lecteurs outre-mesure, mais mon désir est de leur faire prendre conscience que certaines recherches qui ne ressemblent pas à des priorités à leurs yeux, le sont plus que ce qu’ils ne croient.

Et à tous ceux qui ne seront pas terrés dans leurs bunkers et qui croient en l’amélioration de leur société j’annonce: travailler à des projets humanitaires au sens large ou pour des situations d’urgence existantes sont deux fois plus utiles puisqu’ils concernent les populations démunies mais également notre société dans le cas d’un cataclysme. Les enjeux du design du siècle à venir vont résider dans sa capacité à créer des objets répondant à de réels besoins, de penser plus en profondeur ses projets, de mesurer leur impact, et de les élaborer de manière collaborative avec respect et générosité envers l’autre.

Sources:

« La science est-elle inhumaine? Essai sur la libre nécessité», Henri Atlan, Bayard, 2012, France.

Begeek: Un astre de 140m frôle notre planète

COOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOHOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOB

Comments are closed.